L’exilé
et le migrant sont des figures majeures de la modernité. Tous
les États souverains sont aujourd’hui des pays de départ, de passage
et de destination des flux migratoires qui font vire à un nombre
jamais atteint d’hommes et de femmes la perte du foyer d’origine
dans l’espoir de bâtir, à l’étranger et parmi les étrangers, une
autre vie, un nouveau chez-soi.
L’émigration est avant tout une expérience singulière, vécue par
des êtres singuliers. Quelle est pour les femmes, la substance
de cette expérience ? S’exiler, partir, migrer est le projet de
fonder un nouveau chez-soi sur l’abandon personnel et intime de
ce qui est originellement donné. Quel est ce projet ? Quels rapports
instaure-t-il entre l’accueilli et son hôte ? Quels sont les enjeux
pour les sociétés d’accueil ?